Algérie
Lancement d’un sukuk souverain pour diversifier le financement
L’Algérie prévoit d’émettre début novembre son tout premier sukuk souverain, d’une valeur de 2,3 milliards de dollars (296 milliards de dinars), adossé à des actifs immobiliers publics et offrant un rendement annuel de 6 % sur sept ans.
Cette initiative vise à diversifier les sources de financement et à mobiliser l’épargne locale et de la diaspora, mais elle met en lumière les fragilités persistantes de l’économie algérienne, encore fortement dépendante des hydrocarbures. Le choix de cibler en priorité les résidents et les Algériens établis à l’étranger traduit les difficultés à mobiliser l’épargne nationale via le système bancaire.
Le lancement du sukuk révèle également les limites structurelles du pays : marchés financiers embryonnaires, faible profondeur boursière et difficulté à créer des actifs économiques durables. Comparée à ses voisins, comme le Maroc et la Tunisie, l’Algérie tarde à moderniser ses instruments financiers et risque de voir cette opération perçue comme un simple palliatif au déficit budgétaire plutôt qu’un véritable levier de transformation économique.
Malgré l’innovation que représente ce sukuk, le défi reste le même : réduire la dépendance aux hydrocarbures et bâtir une économie diversifiée, capable de s’intégrer aux chaînes de valeur régionales et mondiales.
Mahussé B. A.
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