L’agence S&P Global Ratings a relevé, vendredi 26 septembre la note souveraine du Maroc de BB+/B à BBB-/A-3, avec une perspective stable, le ramenant ainsi dans la catégorie « investment grade ». Selon S&P, cette progression reflète la crédibilité des réformes économiques et budgétaires mises en œuvre par Rabat.

L’agence souligne la solidité des perspectives macroéconomiques. La croissance du PIB a atteint 4,8 % en glissement annuel au premier trimestre 2025, soutenue par la construction, l’industrie manufacturière, le tourisme, les technologies de l’information, ainsi que par des performances solides dans l’agriculture et le secteur des phosphates. Le taux de chômage a légèrement reculé, passant de 13,1 % à 12,8 % sur un an.

S&P prévoit une croissance moyenne de 4 % sur 2025-2028, portée par la consommation intérieure et l’investissement. Le PIB par habitant devrait passer de 4 700 dollars en 2025 à plus de 5 700 dollars en 2028, restant inférieur à celui de plusieurs pays affichant la même notation.

Sur le plan budgétaire, le déficit pourrait revenir à 3 % du PIB dès 2026, grâce à la croissance nominale et aux réformes fiscales en cours. La dette publique nette, de 62,3 % du PIB en 2024, devrait tomber sous 60 % en 2028, avec un service de la dette contenu autour de 7 % des recettes de l’État.

À l’extérieur, le déficit courant resterait limité, légèrement au-delà de 2 % du PIB, compensé par la vigueur des exportations (automobile, électronique, phosphates), le tourisme, les transferts des Marocains résidant à l’étranger, et une hausse attendue des investissements directs étrangers de plus de 20 % par an. Ces flux cibleront l’énergie, la logistique, l’automobile, la pharmacie, ainsi que les infrastructures liées à la CAN 2025 et à la Coupe du monde 2030.

S&P justifie la perspective stable par l’équilibre entre les réformes structurelles, soutenant croissance et consolidation budgétaire, et les fragilités persistantes : chômage élevé, faible revenu par habitant, vulnérabilité climatique et incertitudes géopolitiques.

Un nouvel ajustement positif pourrait intervenir si la croissance dépasse les prévisions ou si Rabat assouplit davantage le régime de change. À l’inverse, un relâchement budgétaire ou une dégradation de la position extérieure pourrait peser sur la note.

Mahussé B. A.