Afrique
Nouakchott accueille la conférence africaine pour la paix et l’espoir
Nouakchott a ouvert ses portes mardi 10 février à la sixième édition de la Conférence africaine pour la promotion de la paix, au Centre international des conférences Moctar Ould Daddah. Des centaines de participants, érudits, universitaires et décideurs venus du monde entier, se sont réunis pour deux jours d’échanges sous le thème « L’Afrique et la construction de l’espoir ». L’événement a été marqué par la remise du Prix africain de la paix au président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno et par des appels à renforcer les valeurs de paix sur le continent.
Le président de la conférence, Cheikh Abdallah ben Bayyah, a exprimé sa gratitude au président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et à son gouvernement pour leur engagement en faveur de la paix en Afrique. Il a également transmis les salutations du président des Émirats Arabes Unis, Cheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan, rappelant l’importance de consolider la paix à l’échelle africaine et mondiale.
Cheikh ben Bayyah a souligné que l’Afrique, riche de ses ressources humaines et naturelles, fait face à des tensions internes et des défis sécuritaires qui menacent la cohésion des nations. « L’espérance est une force éthique qui protège contre le nihilisme et guide l’humanité vers la justice. Sans elle, le désespoir favorise l’extrémisme, la violence et la corruption », a-t-il averti, appelant savants et dirigeants à promouvoir la réconciliation et la paix.
Le Premier ministre mauritanien Moctar Ould Djay a salué le rôle de Cheikh ben Bayyah dans la promotion des valeurs de tolérance, de fraternité et de compassion issues de la charia. Il a rappelé que la pensée éthique et les valeurs constituent un pilier de la stratégie de sécurité intégrée de la Mauritanie, liant développement, justice sociale et modération.
Le ministre marocain des Biens religieux et des Affaires islamiques, Ahmed Toufiq, a insisté sur la restauration des valeurs de paix, en précisant que la réforme de l’individu est essentielle pour atteindre cet objectif. Il a encouragé les érudits et imams à lutter contre les idées erronées sur le terrorisme et à diffuser une éthique de la paix basée sur le monothéisme et la responsabilité collective.
Le secrétaire général adjoint de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), Youssef Al-Dobeay, a rappelé que les défis africains compromettent le développement et l’espoir des jeunes, et a appelé à renforcer le rôle du discours religieux éclairé pour protéger les esprits et soutenir la paix, notamment au Sahel et dans la région du lac Tchad.
Le dixième anniversaire de la Déclaration de Marrakech sur les droits des minorités religieuses dans le monde musulman a également été évoqué par Cheikh ben Bayyah, comme un instrument de promotion de la coexistence pacifique et de protection de la dignité humaine.
La cérémonie a atteint son point culminant avec la remise du Prix africain pour la promotion de la paix au représentant du président tchadien, le Dr Ahmat Oumar Ahmat, en reconnaissance du rôle du Tchad dans l’accueil des populations déplacées par les conflits et dans le renforcement de la paix régionale.
Les organisateurs précisent que la conférence, qui se poursuivra jusqu’au 12 février, vise à proposer des politiques et initiatives concrètes pour assurer un avenir stable et prospère aux Africains, loin des crises migratoires et de l’extrémisme. Les sessions de travail réuniront experts et religieux internationaux pour débattre des enjeux de paix et de stabilité sur le continent.
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