CAMEROUN
À Yaoundé, le Réseau-LEADER alerte la jeunesse sur les dangers mortels de la migration irrégulière
Face à la recrudescence des départs clandestins et à leurs conséquences humaines dramatiques, des acteurs de la société civile, des partenaires internationaux et des autorités locales se sont retrouvés le 29 janvier 2026 à Yaoundé.
L'objectif est de sensibiliser les jeunes Camerounais aux risques réels de la migration irrégulière et promouvoir des choix éclairés pour leur avenir.Réunis autour du thème « Migration des jeunes : comprendre les risques pour mieux choisir son avenir », les participants ont pris part à un atelier organisé par le Réseau africain des leaders pour la démocratie, l’émergence et le renouveau (Réseau-LEADER) et l’École citoyenne et politique de Yaoundé (ECPY) et l’Observatoire de la presse étrangère et nationale (OPEN), en collaboration avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).Présidant la cérémonie d’ouverture, le sous-préfet de Yaoundé III a rappelé que la migration irrégulière constitue une perte importante pour le Cameroun, en privant le pays d’une partie de sa population active tout en fragilisant durablement les familles. Selon lui, au-delà des drames humains, ce phénomène alimente les réseaux criminels et laisse derrière lui dettes, traumatismes et désillusion. « La migration irrégulière n’est pas une solution.
Elle expose les jeunes à des formes modernes d’esclavage, au travail forcé et à une marginalisation durable », a-t-il averti.L’OIM face à une réalité alarmanteDans son intervention, le chef de mission de l’OIM au Cameroun, Abdel Rahmane Diop, a souligné que la migration des jeunes est devenue une réalité quotidienne. Entre 2017 et 2021, près de 10 000 Camerounais sont rentrés au pays après avoir tenté une migration irrégulière, soit en moyenne six à sept départs clandestins par jour sur la période.
Pour l’OIM, a-t-il insisté, la migration doit rester un choix et non une contrainte, fondée sur une information fiable et des voies légales.Il a également attiré l’attention sur les déplacements internes, estimés à plus d’un million de personnes en raison des crises sécuritaires, souvent première étape vers des routes migratoires plus dangereuses. À l’échelle mondiale, plus de 80 000 migrants sont morts ou portés disparus depuis 2014, selon l’initiative « Missing Migrants ».Femmes et jeunes, premières victimesLes échanges ont mis en lumière les risques spécifiques encourus par les femmes, de plus en plus nombreuses parmi les migrants : violences basées sur le genre, exploitation domestique, traite et isolement.
La députée Honorable Yeba Judith a plaidé pour une sensibilisation ciblée, soulignant l’importance de vérifier les informations, notamment celles véhiculées sur les réseaux sociaux.Pour le Dr Jean Emmanuel Gnagnon, initiateur du Réseau-LEADER, l’enjeu est clair : « tirer la sonnette d’alarme » tout en proposant des alternatives crédibles permettant aux jeunes de rester et de prospérer en Afrique. Le président exécutif de l’ECPY, Vincent de Paul Emah Etoundi, a quant à lui rappelé le coût humain de la migration, évoquant une année 2024 record en décès sur les routes migratoires.Au terme de l’atelier, un message fort s’est dégagé : s’informer, réfléchir et choisir en connaissance de cause, afin que la jeunesse camerounaise puisse construire son avenir sans mettre sa vie en péril.
Coll. Extérieur
Commentaires (0)
Soyez le premier à commenter cet article